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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 12:44

Women, 68 même pas mort

« De la haute couture ourlée provoc, surfilée agit prop, brodée de sainte profanation » (R. Duclos)

 

Brut de Béton Production organise une tournée du spectacle Women 68 même pas mort entre le 15 avril et le 10 juin 2008 en province et région parisienne. Pour connaître les dates et lieux des représentations  merci de contacter Brut de Béton production 
http://www.brut-de-beton.net et 06 08 46 69 44

 

 

LIBERATION

Samedi 8 Mars 2008 article de Annick Faurot

 

WOMEN /68

Même si leurs vinyles de Leonard Cohen craquent comme leurs genoux, les trois soixante-huitardes se dressent encore pour gueuler. Le sang qui leur bat aux tempes est aussi bouillant que celui qui alimentait leur rage rouge le 13 mai 1968 à Clermont- Ferrand. Ce jour-là, Marie-France jetait les pavés et s’essayait à des phrases sur le sort des masses dans l’ombre des mecs. Mathilde, vierge hystérisée par les grèves, se mettait nue devant une affiche du Ché. Simone, enceinte, refusait l’antimariage que Michel lui imposait : «Nothing left to lose, j’voulais crever en écoutant Janis Joplin dans ma Simca 1000.» Ah, Michel… Les trois hippies binoclardes convient à la noce tous les Michel, les bons et les mauvais, que leur mémoire des noms vacillante et pernicieuse leur envoie. Michel Foucault, Michèle Halimi… et un certain «Michel Narkozy», «Doc Gynéco du statu quo», «CRS-SS de l’injustice». «Même pas mort Mai 68», hurle Marie-France, «Oui monsieur, le soleil brille toujours derrière les collines». Nadège Prugnard, l’auteure, a exhumé ce temps interdit où l’on buvait du thé au LSD, où des Mathilde laissaient tomber «Barbara Cartland commentée par Deleuze» pour aller s’entraîner à l’orgasme au Lieu des possibles, où les Simone accouchaient sur le pavé de petites Suzanne bientôt désespérées. Comme si son flot, nourri de l’énergie testostéronée des trois comédiennes, devait rendre son souffle au «grand cadavre à la renverse».

 

LA MONTAGNE

Mardi 4 mars 2008  article de Roland Duclos

 

Saine trinité au trinitrotoluène : De la haute couture ourlée provoc, surfilée agit prop, brodée de sainte profanation

Déboutonnez votre cerveau aussi souvent que votre braguette, beuglait un slogan (‘ de crin) que les situationnistes priapistes glissaient en 68 dans les culottes des zouaves du pouvoir. Ces derniers n’ayant toujours pas digéré la privauté, le mot d’ordre n’apparaît plus jamais d’actualité, porté par Women, trois femelles qui en ont encore ! Quarante ans après ? Après tout, après elles le déluge : après le beau temps les pévés, après la morale dépavée la rue dépravée. Le tout contre la douche froide de la libération avancée. Cette ensainte trinité immaculée par surprise par la grâce du verbe incendiaire de Nadège Prugnard et la provocante confusion des sexes engrossée par Boussagol « Simone », maquillée comme une Simca 100 en chaleur, « Mathilde » Pierre Court repeinte en poussin mort hystérique et « Marie France » Debard en lanceur de pavés converti aux amphétamines libertaires, tronçonnent leurs souvenirs d’anciennes combattantes  incontinentes avec une sauvagerie de Katangais de l’érection verbale. Soleil rouge, brasier cannibale : 68 a tout inventé «  Michel Narkozy, curé de la régression » n’a rien compris. Women, jouissif anti Monologue du Vagin, lève ses jupes et pète au nez de la dysneylandisation de la culture. Ceux qui n’ont pas saisi «  ce qu’il y a de subversif et de positif dans le refus des contraintes, ont dans la bouche un cadavre » prophétisait Raoul Vaneigem .La charge est féroce, les dégâts collatéraux imprévisibles. Y compris dans les rangs des biens pensants d’une incertaine orthodoxie révolutionnaire recyclée baba-bio. Women  est aussi une formidable performance d’acteurs qui enragent sans complexe la nudité des maux , la crudité des mots. La recette de l’auto suffisantce selon Nina Hagen est un grand morceau d’anthologie bilinguiste .Bienheureux ceux par qui le scandale arrive : Cours camarade, le vieux monde se rapproche.

 

Jacques Livchine, blog du Théâtre de l’unité, février 08

Le texte est débité comme un impétueux torrent, c'est du verbe en rafale, des

salves d'éjaculation verbales. Je trouve ça beaucoup mieux que le concert de

Slam fadasse auquel j'ai assisté la semaine dernière. L'écriture est hargneuse.

Ce qui est important c'est cette santé, cette rébellion qui souffle encore dans le

corps de ces 3 femmes. parfois le verbe laisse place à des chansons, et on se dit

"Mais ils chantent bien" , ce qui est rarement le cas pour des comédiens.

Pas de place pour la nostalgie, le texte raconte 68 par le souffle, c'est épique au

sens brechtien du terme.


 

CASSANDRE
Valérie de Saint DO ,Cassandre, hiver 08 N° 72

Quand l’ours devient mémé rouge

Il ne nous avait pas vraiment habitués à ça, Boussagol, ce vieux compagnon de

route dont nous apprécions, non sans critiques et joutes verbales, les idées

noires aussi grinçantes que celles de Franquin. Qui l’eût imaginé façon Janis

Joplin sur le retour chantant le blues ?

Lui qui aime tant à mettre les femmes sur scène s’expose ainsi travesti dans

Women. (…) Une évocation mi-road-movie mi-rock’n roll des parcours de trois

combattantes, anciennes de mai 68, servies vigoureusement dans l’émotion et

l’humour par les « mémés rouges » : Bruno Boussagol, Jean-Louis Debard,

Pierre-Marius Court. La partition de l’auteur, vive et rythmée, ponctuée par des

ritournelles aussi obsédantes qu’une balade de Led Zep, déploie en accéléré

sous nos yeux le kaléidoscope d’une époque chamarrée d’illusions politiques,

amoureuses et poétiques, que l’on voudrait ne pas croire entièrement dissipée.

 

 


Et aussi

Women 68 même pas mort  vu par Daniel Martin sur France culture
emission "Tout arrive" présentée par Arnaud Laporte /10 mars 08

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/toutarrive/fiche.php?diffusion_id=60633

(…) Ce spectacle s’appelle WOMEN. Il est sous-titré 68 MÊME PAS MORT.

Nadège Prugnard est une jeune dramaturge bourrée de talent. Elle a gagné

énormément en écriture, en rapidité, en narration sur ce texte. Ce texte est

formidable. (…)

C’est une forme d’oratorio pour trois vieilles « soixante-huitardes » interprétées

par trois comédiens qui ont un certain âge, qui sont en robe -ça n’a rien à voir

avec du travesti. Ils sont sur scène avec leur calvitie, leurs rides, leur pesanteur.

Chacun va porter l’histoire d’une femme et au résultat c’est un spectacle

iconoclaste, complètement tendre, sensible, extrêmement drôle, extrêmement

violent, et comme il est écrit par quelqu’un qui a une trentaine d’années, c’est un

spectacle qui est à la fois très politique aujourd’hui, très féministe, extrêmement

violent, très actuel.

C’est vraiment dans cette année commémorative le spectacle qu’on devrait voir

absolument dans toutes les grandes scènes et dans tous les grands festivals

(…).

 

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