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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 15:10

Présenté fin janvier à Confluences , Alcool de Nadège Prugnard a enthousiasmé spectateurs et professionels du spectacle !  Voici ce qu'en dit dans la presse ...

Alcool de et par Nadège Prugnard à mis le feu à Paris

Nadège Prugnard, un « Alcool » fort

 Jean Pierre Thibaudat, 24 janvier 2015

 

« Alcool » est un spectacle couillu, un texte  couillu et l’actrice qui le porte, Nadège Prugnard ne manque pas de couilles contrairement à beaucoup d’ « auteurs françaises contemporains » (marque déposée comme le camembert Président) des deux sexes aux écritures aussi molles que proprettes. « Alcool » n’est pas un autoportrait même si comme tout le monde Nadège Prugnard sait lever son coude et faire la fête.

 

Nadège Prugnard est une bête qui se nourrit de mots. Par brassées, jets continus. Elle n’écrit pas, elle déverse, décharge, dégobille, éructe, dégomme, crache. 40 ans aujourd’hui, 40 textes et plus au compteur et pas de la compote. Du qui tache, qui sperme, qui clitorise, pue, encule, emmerde. « L’alcool » est un poème alcoolisé pour actrice de dos. Plus tard dans la soirée dans une marre de papiers froissées viendra le moment où on apercevra son regard, son rimmel qui a foutu l’camp, c’est de dégel, c’est la dégelée des amants, des amantes, des gros cons et des beaux gosses, des filles, des folles, des fatidiques, des explosives. « Alcool » est un de ses monologues solitaires ou pluriels qu’elle écrit pour une, pour cinq filles, pour six pendus (« Les pendus » l’un de ses rares textes édités, chez Entretemps). On ne compte plus le nombre des piécettes éditées qui tombent des mains, quel éditeur aura les couilles de publier un beau gros volume des pièces couillues de Nadège Prugnard ?

Dans « Alcool », quand on entre dans la salle, elle est de dos. Escarpins rouges, robe itou que l’on devine sous l’imper. « Non je ne me retournerai pas» articule la fille alcoolique, dit l’auteur. Elle est double, elle est la fille, elle est Nadège, pour le moins. Sa silhouette se démultiplie contre les murs miroirs. « Une putain d’alcoolique/Qui se frappe la tête contre le mur/ Là/Le rythme de la tête/Le rythme/Juste le rythme des sanglots/Là là la/Contre le mur/. Contre le mur/Là là là/ Allez patron les mouches se cognent au fond du verre faudrait pas qu’elles se noient !allez c’est la mienne / rhabille ma gueule de pochtronne ! Rhabille je te dis /Que je dégueule un poème toxique » Nadège Prugnard vit en Auvergne, pays de volcans etde pierres coupantes, elle est venue trois soirs à Paris entourée de copains (voix additionnelle, musiques, lumières, regard extérieur).

Dernière salve ce soir samedi 24, 20h30 à Confluences, 01 40 24 16 46

 

Soûlés de Poésie  

L’INSATIABLE /CASSANDRE-HORS CHAMP  29 janvier – Critique de Valérie de Saint Do

 

Alcool,  un  petit  coin  de  paradis »  où  l’on  frôle  la  descente  aux  enfers...  C’est  la  dernière création  de  Nadège  Prugnard,  récemment  présentée  à  Paris,  à  l’Espace  Confluences  et  un moment  d’émotion  rare.  Nadège  Prugnard,  on  connait. Sa  réputation  de  grande  gueule,  de provoc,  de  lyrique  flamboyante  et  écorchée,  elle  l’a  entretenue  et  le  superbe  Alcool ne  la démentira pas, mais l’enrichit de failles et de subtilité.

Elle ne se calmera pas.

Elle ne s’est pas calmée.

Sa rage ne date pas d’aujourd’hui. Depuis son apostrophe à Jean-Jacques Aillagon en pleine garden-party de l’Elysée en 2003, Nadège Prugnard collectionne les étiquettes, parfois cliché, sur une écriture « rentrededans », « coup  de  poing »,  voire  « couillue »  (une  femme  qui  gueule,  ça  a  des  couilles,  n’est-ce  pas?) auquel  son  jeu  de  comédienne  s’assortit.  Son  verbe  est  de  ceux  qui  parfois  à  l’insu  de  son  plein  gré, contamine à coup de lyrisme jusqu’à conduire la critique à la paraphrase. Culot, violence, provocation... L’évidence du cri, désespéré et jouissif dans ses créations, occulte souvent la présence du murmure, de la nuance, de la fragilité. C’est peut-être pourtant ce registre en arrière-plan que l’on  retient  d’Alcool,  un  petit  coin  de  paradis,  sa  dernière  création,  montrée  récemment  à  Confluences  à Paris.  Un  solo  « bifide »,  où  la  voix  féminine  se  dédouble,  entre  ivresse  des  mots  et  des  boissons fermentées et délire choisi de la poésie. La/les femmes sont de dos. Celle qui supplie pour le dernière verre, celle qui ne peut s’arracher au dernier vers. Fany Peau-de-whisky, clocharde céleste qui s’assume, se revendique épave magnifique jusqu’au bout de la saoûlerie, contre, tout contre celle qui la saoule de mots. Mono-dialogue où désespoir, colère, regrets se  noient  dans  les  alcools  de  la  poésie.  Qui,  de  l’autre  est  une  image  déformée,  comme  les  beaux  reflets que  révèlent  le  subtil  jeu  de  lumières  de  Jean-Louis  Fié ?  Dans  son  jeu  flamboyant, Nadège  Prugnard décline l’excès sous tous ses registres, de la fête éthylique à la cuite écœurée, du gueulement de l’ivrogne au murmure de la femme blessée. L’alcool est bonheur convivial autant qu’assommoir, déraison magnifiée autant que chute comateuse. Mais  au-delà  du  cri,  au-delà  du  déluge  des  mots  de l’éthylisme,  la  palette  des  émotions  laisse  la place  au désarroi de la raison, à la fragilité du personnage Janus de l’ivrognesse et de l’auteure qui se renvoient en miroir  cette  question :  comment  et  pourquoi  continuer ?  Renvoyé  à  cette  fragilité,  c’est  le  spectateur qui sort groggy et un peu gris, sûrement pas indemne d’une performance d’auteure et d’actrice qui renvoie le spectacle à sa futilité quand émerge une parole vraie qui, espérons-le, va circuler...

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Abus dangereux

UN SOIR OU UN AUTRE

29 janvier 2015- Critique de Guy Degeorges

 

Voir, écouter une telle performance, c’est déjà s’engager. Nadège Prugnard nous force à regarder le texte en face, alors même que l’actrice nous tourne le dos. C’est que cet Alcoolest triste, honteux. Il ne guérit ni ne console, du sel sur lesblessures. Cet alcool brule. Rien ne tempère ce monologue de l’ivrogne: un texte âpre et concret, ancré, entier, à forte densité. L’excès à l’opposé du bon gout. Le personnage éructe, beugle, fulmine,invective, se vautre. Il se répand en une furieuse musicalité- en cela l’actrice a du inspirer l’écrivain. Mais il y a plus ici qu’un traité de l’alcool, la performance glisse peu à peu du point de vue du personnage à celui de l’artiste, c’est de mots qu’elle nous invite à se saouler avec elle,l’intime et le politique accouplés. Les feuilles perdues jonchent le sol, ces mots luttent d’une autre manière, sensible et grinçante, contre la douleur et l’insoutenable. Une manière moins toxique, mais non inoffensive. Cette performance donc engage loin de l’anodin et du cynisme en vogue, et c’est salutaire. Les temps sont durs et rudes: ce qui est tiède échoue désormais à nous donner du sens.

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  • Magma Performing Théâtre est une compagnie en convention triennale avec le Ministère de la Communication - Drac Auvergne, la Ville et le Théâtre d'Aurillac, et le Conseil Régional d'Auvergne.
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